Nos actions

Aider ces gens à survivre 
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Notre première action, c’est de leur donner un minimum de nourriture pour éviter qu’ils ne souffrent de la faim. Nous distribuons des sachets repas depuis le 1er décembre 2008, en alternance avec les autres associations (12 000 en décembre 2008, 10 000 en janvier 2009). Lors des distributions, nous gardons à l’esprit l’humiliation de devoir se mettre en file et tendre la main pour avoir de quoi manger. Nous faisons un effort pour leur permettre de garder un minimum de dignité dans ce geste, par un sourire, par quelques paroles. Ce n’est pas facile : il faut aussi gérer fermement la file d’attente pour que la distribution puisse se dérouler sereinement.
Nous espérons pouvoir disposer prochainement d’un local et d’un véhicule permettant de distribuer un repas chaud au lieu des sachets repas.

chaussures

Notre seconde action, c’est de leur donner un minimum de vêtements chauds et des chaussures en bon état. Avez-vous déjà vu des chaussures aussi usées ? Dans la pratique, vous reconnaîtrez un bénévole au coffre de sa voiture : il contient couvertures, blousons et paires de chaussures. Il convient de préciser que nous ne couvrons que les besoins des nouveaux arrivants et les situations d’urgence (chaussures et vêtements hors d’usage) . Un vestiaire est organisé chaque quinzaine pour qu’ils puissent changer de vêtements.

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Notre troisième action, c’est de les aider à se protéger des intempéries. Sur ce point, notre action est double :

– aider l’association SALAM dans la cadre du plan « grand froid ».
– fournir des couvertures et des duvets.

Aider ces gens à sortir de la situation où ils se trouvent

Plusieurs d’entre nous parlent suffisamment anglais pour les écouter et répondre à leurs questions. C’est la première étape pour les aider à sortir de la situation à Calais.

Leurs premières questions révèlent leurs préoccupations immédiates :
– où trouver une piscine (pour prendre une douche, pas pour apprendre à nager…)
– où trouver un magasin pour acheter une tente ?
– où trouver un cyber café ?
On leur indique la piscine, en les prévenant qu’ils risquent d’être refusés. On leur explique qu’il n’y a pas de magasin où acheter une tente, et qu’ils n’auraient pas le droit de la planter.

Puis viennent d’autres questions :
– pourquoi la police française leur interdit-elle de passer en Angleterre ?
– pourquoi sont-ils arrêtés par la police ?
– pourquoi faut-il des papiers pour rester en France ?
– pourquoi la police les chasse-t-elle de leurs squats ?
– pourquoi les CRS brûlent-ils leurs cabanes ?
On leur explique ce qu’on peut leur expliquer. Souvent ils viennent de pays où l’administration n’existe pas, mais ils finissent, sinon par admettre, au moins par comprendre.

Enfin viennent les confidences : pourquoi ils sont partis, dans quelles conditions, quels sont leurs attentes, leurs espoirs, leur désespoir. Qu’est-ce qui est réellement possible ?
Alors on les informe, sans trop casser leurs espoirs :
– pour les quelques personnes qui envisagent un retour au pays, on leur explique que c’est possible et on les met en contact avec la personne qui les prend en charge.
– pour les adolescents, on leur signale qu’ils peuvent être placés dans un foyer jusque l’âge de 18 ans, pour étudier. Mais souvent, ils sont à Calais parce que leurs parents les ont envoyés en Grande Bretagne. Et ils se sentent obligés d’y aller.
– pour les quelques adultes qui envisagent de rester en France, on leur explique les démarches et on les met en contact avec une personne qui les aidera à remplir les dossiers.
– dans la majorité des cas, on les écoute, on regarde leurs photos, on partage un moment de convivialité avec eux. On se rend compte qu’ils ne peuvent pas retourner dans leur pays d’origine, qu’ils ne peuvent pas demander l’asile en France (parce que leurs empreintes ont été prises dans un autre pays), qu’ils ne peuvent pas demander l’asile dans cet autre pays, (car toutes les demandes sont refusées). Il ne leur reste qu’un espoir : celui de passer en Angleterre et d’y vivre en situation irrégulière.

Eviter que d’autres personnes ne se retrouvent dans cette situation
Il n’est pas logique d’agir pour diminuer les conséquences d’un situation sans chercher à en supprimer les causes.
Les causes qui ressortent des dialogues que nous avons avec les migrants sont doubles :
– les conflits.
– les politiques migratoires.
Nous nous sentons bien faibles pour mettre fin aux conflits dans le monde.
Nous participons aux actions susceptibles de modifier les politiques d’immigration.
Nous réfléchissons à une action qui éviterait que d’autres personnes ne prennent la route.