La situation des exilés aujourd’hui

les accords actuels

Une frontière meurtrière

Tous les jours, toutes les nuits, les exilés essayent de passer la frontière, très dangereuse avec les nombreux murs, barbelés et systèmes de contrôle. Les exilés tentent de passer en se cachant dans des trains, des camions, des bateaux, parfois même à la nage, ce qui a entraîné de nombreux décès.

La situation à Calais démontre que l’absence d’implémentation positive du règlement Dublin III a des conséquences désastreuses pour la vie et la santé des migrants, qui sont piégés entre la France et le Royaume-Uni. Bien souvient il s’agit d’un manque continu de volonté politique du côté des autorités nationales pour coopérer activement et efficacement. Les traversées dangereuses et parfois mortelles se poursuivront tant que les migrants n’auront pas accès à des voies de passage sûr et légal.

Les Etats-Membres de l’Union Européenne doivent prendre part aux politiques d’asile et de migration – l’implémentation des principes de protection découlant du règlement Dublin III mais également l’ouverture d’autres voies légales sont les premières étapes pour protéger les droits humains et la dignité des migrants vivant dans des conditions extrêmement difficiles dans le Nord de la France.

Des accords qui augmentent le pouvoir des passeurs

D’autre part, ces accords entrainent un effet prohibition, c’est-à-dire un développement de réseau de passeurs et de trafic d’être humain.

Passer en Angleterre devient de plus en plus compliqué. En conséquence, cela augmente le pouvoir des passeurs : ils deviennent incontournables pour avoir une chance de passer la frontière. 

Une réponse de l’Etat inadaptée à la situation

L’escalade actuelle par les autorités (destruction des abris de fortune, confiscation des tentes, des duvets et des couvertures) ne fait que dramatiser la situation. Les autorités sont bien conscientes que les exilés n’ont pas d’autres alternatives, et font le maximum pour invisibiliser les migrants coincés à la frontière, sans chercher à lutter contre les causes de cette situation.

L’enjeu

Mi-janvier 2018, un sommet franco-britannique aura lieu, où le sujet de la frontière sera abordé.

Afin d’éviter ces drames et cette crise humanitaire, ces accords doivent être renégociés.

Le but de cette renégociation ne peut être que de mettre fin au blocage actuel, source de difficultés pour les migrants comme pour toutes les personnes (et les marchandises), français, européens et britanniques.

Les solutions que nous proposons : 4 mesures

Il convient en urgence de mettre en place des voies de passage sûr et légal pour les mineurs, les familles et les personnes âgées, afin que ces personnes ne prennent plus de risques lors de traversées illégales. L’amendement Dubs relatifs aux transferts vers le Royaume-Uni pour les mineurs non accompagnés n’a pas atteint les quotas annoncés. 

Il convient de mettre en place un réel engagement pour appliquer les procédures de réunification familiale, pour les adultes comme pour les mineurs. Aujourd’hui, l’Etat français n’assure pas un accès à l’asile aux fins de réunifications familiales conformément à Dublin III. Quant aux autorités britanniques, elles ont mis en place des exigences déraisonnables au regard de la situation des exilés. 

Il convient de mettre en place des structures d’accueil dignes pour les migrants à Calais et Dunkerque en attente de transfert, pour éviter les conditions sanitaires actuelles.

La France et le Royaume-Uni doivent consacrer une partie du budget consacré au contrôle de la frontière pour la protection des mineurs et la lutte contre le trafic d’êtres humains.

Vous êtes d’accord ? Vous pouvez agir !

Une campagne réalisée par l’Auberge des Migrants et Safe Passage