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L’Auberge des Migrants depuis 2014

L’Auberge des Migrants depuis 2014

L’Auberge des Migrants a été créée en 2008. Son objectif principal est l’aide alimentaire aux réfugiés de Calais.

Janvier 2014. Il y a environ 350 réfugiés à Calais, majoritairement afghans et érythréens, la plupart sous des tentes, sur deux emplacements près du port. L’Auberge des Migrants, avec une vingtaine de bénévoles, prépare 300 repas chauds servis le samedi midi et le dimanche midi, en complément des actions de Salam. La distribution se fait rue de Moscou. Un petit bungalow permet de stocker et distribuer des vêtements, des couvertures…

Juin 2014
Le nombre de migrants est passé à environ 500. Il devient difficile de gérer la file d’attente pour les repas. La préfecture évacue et détruit les deux petits camps. Une partie des occupants s’installe sur le lieu de distribution de la rue de Moscou, d’autres dans un bois à l’extérieur de Calais et dans les dunes près du port.

Juillet 2014
Environ 600 réfugiés. La préfecture évacue la rue de Moscou, disperse les réfugiés. Un squat est ouvert par les No Border dans Calais, il accueillera jusqu’à 400 personnes. Nous devons distribuer nos repas quai de la Moselle, à l’extérieur, et les vêtements, tentes et chaussures à partir de nos voitures et nos deux fourgons. L’Auberge fabrique et distribue plus de 800 repas trois fois par semaine.

Automne et hiver 2014-2015
Le nombre de réfugiés se stabilise autour de 1 000 à 1200. L’Auberge des Migrants continue ses distributions de repas et collabore avec le Secours Catholique pour améliorer la fourniture en vêtements, tentes, couvertures…Les réfugiés campent dans deux squats, sous trois halls de bâtiments et dans quatre jungles.

Avril 2015
La Ville de Calais et la préfecture ordonnent aux réfugiés de quitter les lieux qu’ils occupent, pour un vaste terrain situé en-dehors de Calais, à l’Est, près de la rocade portuaire, où ils seront « tolérés »n un camp vite appelé « new jungle ». Un millier de réfugiés, jusqu’alors installés dans le bois Dubrulle, près de Tioxide et sur un terrain humide à Marck s’y installent en moins d’un mois. Il reste des réfugiés dans les deux squats, sous les trois halls et sur une jungle. L’Auberge des Migrants, avec les autres associations, notamment Salam, Emmaüs et le Secours Catholique, travaille dur pour réinstaller les réfugiés sur la « new jungle ». En parallèle, l’état a ouvert en janvier le « centre Jules Ferry », géré avec l’argent de l’état par l’association Vie Active, qui distribue un repas par jour à un millier de personnes environ, et donne accès à des douches et à des lavoirs. Il y a aussi un hébergement pour les femmes et les enfants.

Juin 2015
Le nombre de réfugiés dépasse 3 000. Les associations sont au bord de la rupture. Mais en quelques semaines la moitié des réfugiés réussit à passer en Grande-Bretagne, surtout par le Tunnel. La presse titre « les réfugiés à l’assaut du Tunnel ». Une vague médiatique sans précédent fait naître un mouvement de solidarité, en Grande-Bretagne surtout, accentué par la mort du petit Eylan sur la côte turque. Des bénévoles et des dons affluent de partout. Le gouvernement évacue par la force les derniers squats et petites jungles. En septembre il y a environ 7 000 personnes sur la « new jungle »

L’Auberge des Migrants, qui travaillait jusqu’en juillet 2015 avec un fourgon, un petit local sur le camp Jules Ferry et un autre à 25 km de Calais, accepte de collaborer avec des Britanniques, et doit gérer désormais 100 à 200 bénévoles, trouver des locaux à Calais (1 000 m² puis 3 000 m²), louer des fourgons… A l’exemple du Secours Catholique et de MSF, l’association construit d’octobre 2015 à janvier 2016 près de 1 500 abris, pour 3-4 personnes chacun. Le camp de tentes se transforme en quelques mois en un bidonville, avec des commerces, des moquées, deux églises, des coiffeurs, des écoles, réparateurs de vélos, vendeurs de téléphones… Nous organisons avec le Secours Catholique et Emmaüs, en septembre, une belle manifestation « Welcome refugees », qui rassemble 3 000 personnes.

A partir de novembre 2015
Le gouvernement veut réduire le nombre de réfugiés à Calais (plus de 7 000 personnes). Il procède à de très nombreuses arrestations arbitraires et à l’éloignement de réfugiés aux quatre coins de la France. Il cherche à décourager les bénévoles : procès-verbaux en pluie, interdictions arbitraires de circuler, contrôles incessants, diabolisation des bénévoles… Il détruit en janvier une bande de 100 m de large, pour « sécuriser » la rocade portuaire et la route de Gravelines. De nombreuses constructions doivent être déplacées. Puis il détruit en mars la partie sud du bidonville, la plus peuplée. L’état prétend mettre à l’abri les occupants (2 500 environ) en leur proposant les C.A.O.(centres d’accueil et d’orientation), où ils pourront demander l’asile, et en ouvrant dans le bidonville la « C.A.P. », des conteneurs pour dormir, pour 1 500 personnes. Il augmente aussi la capacité du centre Jules Ferry pour l’accueil des femmes et enfants. Mais, sur les 2 500 occupants de la zone Sud, un millier environ déplace les abris et les caravanes et s’installent sur la zone Nord, faute de places suffisantes offertes par l’état, et parce qu’ils veulent rester à Calais.

Mi juin 2016
Il y a environ 6 000 réfugiés à Calais (contre 5 000 en avril), dont 200 à Jules Ferry, 1 500 dans les conteneurs, 4 300 dans le bidonville.

En collaboration avec Help Refugees et Utopia 56, L’Auberge des Migrants travaille avec 70 à 120 bénévoles tous les jours :

  • Préparation de repas et sachets-repas pour 1 500 à 2 000 personnes chaque jour, à Calais et Grande-Synthe, en collaboration avec une association britannique
  • Réception, tri, distribution de tentes, vêtements, duvets, kits d’hygiène…
  • Construction, au ralenti car la préfecture interdit d’introduire des matériaux sur le bidonville
  • Préparation et distribution de bois de chauffage et gaz pour la cuisine

Ces actions sont indispensables car l’état, avec la Vie Active, n’assure qu’une partie des besoins, et cela seulement pour une partie de la population du camp. L’Auberge des Migrants travaille aux côtés d’autres associations  comme Salam, Care4Calais, Belgian Kitchen… Elle est devenue la plus importante des associations locales.

La population du bidonville continue à augmenter, avec une cinquantaine de nouveaux arrivants chaque jour, et cela malgré les passages réussis vers la Grande-Bretagne, les départs vers les C.A.O. et quelques retours volontaires au pays ou éloignements forcés. Une partie des réfugiés est à nouveau sous la tente, (près d’un millier de personnes) car la préfecture nous interdit de construire des abris, malgré les destructions suite aux incendies et malgré les besoins des nouveaux arrivants.

Nos dépenses, 60 000 € environ par mois, sont financées à 96 % par des dons, majoritairement de Grande-Bretagne. Cela permet de louer l’entrepôt, les fourgons, et acheter ce qui n’est pas fourni par des donateurs et manque aux réfugiés (aliments, bois, gaz, matériaux de construction …).

L’Auberge des Migrants participe également aux actions menées par les ONG, par la permanence juridique de l’Appel de Calais, pour tenter d’infléchir la politique de l’état français : démarches en justice, lettres ouvertes, communiqués de presse, manifestations.

Nous avons besoins de bénévoles, de dons en argent et en matériel.
L’afflux de réfugiés est appelé à durer, et les camps du Nord de la France également, notamment Calais et Grande-Synthe.

 

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