Enquête de septembre : « Pourquoi les migrants viennent-ils à Calais ? »

Vous trouverez les données brutes ici : Enquête de septembre – données

La méthodologie de l’enquête est ici : Méthodologie sept

 

Analyse des résultats par l’Auberge :

Une très grande majorité des exilés présents souhaitent demander l’asile en Angleterre, et sont donc des migrants en transit, ce que le gouvernement refuse de reconnaitre.

En réaction à la collaboration entre le gouvernement belge et soudanais, plusieurs soudanais sont venus à Calais, de peur d’être expulsé. Ils représentent 7% des exilés présents à Calais maintenant.

 

Pour les migrants souhaitant demander l’asile en France (6.5%) :

– 45% ont déclaré « aimer ce pays » !

– Il y a visiblement un dysfonctionnement de l’information sur les CAES (centre d’accueil et d’examen des situations). Alors que ces personnes souhaitent rester en France, 58% ne veulent pas y aller, 25% n’ont pas décidé, et 8%ne savent pas ce que c’est.

 

Pour les migrants souhaitant demander l’asile en Angleterre (92.5%) :

– Leur raison principale d’aller en Angleterre est de retrouver leurs proches (famille, amis, connaissances). Demander l’asile en France n’est en aucun cas une solution pour eux, et la politique de dissuasion actuelle maintient les migrants dans l’isolement.

– Il y a une grande méconnaissance sur les différences entre les systèmes de demande d’asile français et britannique :

15% veulent y aller pour étudier. Beaucoup ne réalisent pas que le système éducatif français est plus accessible que le système anglais.

10% pensent que les accords de Dublin ne s’appliquent pas là-bas, ce qui est totalement faux.

26% ne souhaitent pas demander l’asile en France parce que le gouvernement applique le règlement Dublin III. Ils ont trop peurs d’être expulsé vers l’Italie ou la Grèce, pays qui ne pourront pas les accueillir correctement.

– La politique de lutte contre les points de fixation crée un sentiment d’insécurité pour 16% d’entre eux, ce qui ne fait que les pousser à essayer de rejoindre dangereusement l’Angleterre et les décourage de rester en France. La politique menée ne donne que des résultats opposés à son objectif initial (faire partir les migrants de Calais).

 

Plus globalement, la politique actuelle du gouvernement à Calais (lutte contre les points de fixation et CAES) est une solution pour seulement 1.17% de la population (migrant souhaitant demander l’asile en France n’ayant pas répondu négativement lorsque l’on leur a demandé s’ils voulaient prendre les bus pour les CAES)

 

Nos recommandations :

A la préfecture et la mairie :

stopper la politique répressive et le harcèlement policier, qui ne fait que pousser les migrants à prendre plus de risques pour passer en Angleterre, ce qui est dangereux pour eux comme pour les routiers.

créer des lieux d’aide humanitaire, pour que les exilés aient un espace sûr pour recevoir eau, nourriture, sac de couchage et produit d’hygiène, et pour recevoir dans de bonnes conditions des informations sur les dispositifs de demande d’asile (vous trouverez également en pièce jointe notre rapport sur les blessures et les maladies des migrants en août). Cela permettrait notamment de mettre en place un dispositif de sortie d’hôpital pour les patients. La convalescence, les soins secondaires, se font pour l’instant dehors, sur les lieux de distribution.

Au Home Office britannique :

Application de l’amendement Dubs par le gouvernement britannique, pour que les mineurs puissent rejoindre leur famille.

Au ministère de l’Intérieur français :

créer des couloirs humanitaires avec l’Angleterre, pour que les exilés ne soient pas obligés de traverser la frontière en grimpant sur des camions pour demander l’asile là-bas.

rendre plus efficaces les procédures de réunifications familiales (réduire les délais, donner plus de moyens aux services de protection de l’Enfance et aux administrations)

Modification de l’application des accords de Dublin III, afin que les exilés demandent l’asile en France (http://www.15h52.net/le-reglement-dublin-injuste-et-irrationnel/)