Qu’est-ce qu’un CAO ?

C’est un lieu d’hébergement provisoire, destiné à accueillir pendant quelques semaines (3 à 4 mois maximum) des personnes étrangères venant du camp de Calais. Pendant leur séjour en CAO, un accompagnement administratif est mis en place afin de les aider à enclencher la procédure de demande d’asile, ou à réfléchir à l’opportunité de le faire si leur parcours migratoire n’est pas encore défini. Les CAO accueillent des familles ou des hommes seuls, et la capacité d’accueil est de 50 à 100 personnes en moyenne. Ce sont des centres de vacances en hivernage, ou des bâtiments publics ou privés. La gestion administrative et logistique est confiée à une association ou fondation locale, agréée par l’état.

Qui le finance ?

L’état finance les CAO, en attribuant un budget à l’organisme gestionnaire, pour un montant de 25€/jour et par résident. Cette somme est destinée à couvrir les frais d’hébergement, nourriture, salariés encadrant les résidents, transports nécessaires pour les procédures, etc.

Aucun frais n’est assumé par les municipalités, si ce n’est des frais volontaires dans certains cas (mise à disposition de transport scolaire). Aucun argent n’est donné aux résidents, seuls ceux qui font une demande d’asile peuvent éventuellement commencer à percevoir une allocation de demande d’asile (ADA), au bout de quelques semaines.

Où vont-ils ensuite ?

Ceux qui souhaitent déposer une demande d’asile seront réorientés ensuite vers un hébergement plus pérenne, généralement un CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile), où ils séjourneront pendant la durée de la procédure (qui peut durer de quelques semaines à plusieurs mois, voire plus d’un an dans certains cas). Par exemple, ceux qui ont séjourné à Fouesnant en janvier ont ensuite été réorientés vers des CADA à Brest, Lorient, Rennes, Saint-Brieuc, Fougères…

Concrètement, quel est l’incidence de la présence d’un CAO dans une ville ?

De manière très pragmatique, cela ne fait « rien » ou pas grand chose. Regardez les choses de manière objective : une cinquantaine de personnes étrangères vont passer quelques semaines dans votre commune, rien de plus. Au pire, vous aurez l’occasion de croiser dans la rue des personnes un peu plus bronzées que les autres. Au mieux, ce sera l’occasion d’échanges interculturels forcément enrichissants.

Ça sert vraiment à quelque chose, les CAO ?

Le but des CAO était à l’origine de désengorger le camp de Calais, et maintenant d’en permettre la dissolution. Ce n’est qu’au fil du temps que nous pourrons voir si cette méthode est efficace, mais une chose est déjà certaine : les CAO fonctionnent mieux si un engagement citoyen se met en place autour. Les organismes gestionnaires prennent en charge les procédures, la plus grande part de la logistique, mais ont besoin des associations et collectifs locaux pour palier à tout le reste : dons de vêtements, jouets, cours de français, intégration, etc.

Tout va bien se passer, alors ?

Oui, il est important de dédramatiser et dépasser les fantasmes que véhiculent les opposants. Depuis octobre 2015 il y a eu plus de 160 CAO un peu partout en France, si cela avait perturbé ou occasionné autant de désagréments que le laissent à penser les opposants, ce serait connu.

Or, un très grand nombre d’exemples positifs sont consultables via les articles de presse locale, en voici juste quelques uns :

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/08/20/face-aux-migrants-des-villes-recalcitrantes-devenues-accueillantes_4985381_1654200.html

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2016/09/05/Accueil-des-migrants-une-experience-positive-2828172

http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne/puy-de-dome/deux-communes-du-puy-de-dome-ouvrent-leurs-portes-aux-refugies-1095399.html

http://ville-fouesnant.fr/en-toute-verite

http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/migrants-experience-inoubliable-a-fouesnant-16-03-2016-10994797.php

Source : www.infocao.net