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Covid 19 – Une crise sanitaire vécue dans les conditions déplorables des camps de migrants

Malgré l’épidémie de Covid-19, un nombre restreint de nos bénévoles continue d’agir chaque jour à Calais et Grande-Synthe. Nous mettons tout en oeuvre pour garantir leur sécurité et celle des exilés que nous aidons. Dans un contexte qui isole encore davantage les populations migrantes, nos actions viennent répondre aux besoins essentiels et nous permettent de suivre la situation des droits humains.

L’Auberge des migrants diminue ses activités, mais la solidarité continue
 

A Calais survivent 700 à 800 exilés, au moins. Le sous-préfet a mis en place une chaîne sanitaire, mais travaille encore à mettre en place un plan de mise à l’abri. A partir de mardi 31 mars, des places de confinement devaient être proposées, mais l’opération est retardée… En lien avec Médecins du Monde et la Croix Rouge, la Sécurité Civile propose des diagnostics coronavirus et un hébergement pour les malades ne nécessitant pas d’hospitalisation. Mais il va rester beaucoup de monde sur les camps, et deux malades au moins ont été testés positifs au Covid 19 selon la presse.
A Grande-Synthe, où survivent 500 à 600 exilés, la sous-préfecture met en place aussi une chaîne de soins, mais pas d’hébergement pour le moment.

Les conditions de survie se sont dégradées. A Calais, la Vie Active (opérateur de l’état) ne distribue plus de repas chauds et ne recharge plus les téléphones, qui sont essentiels pour contacter les secours et communiquer avec les associations. A Grande-Synthe, les distributions de nourriture n’ont lieu que tous les deux ou trois jours, et les exilés disent avoir faim.

Les expulsions quotidiennes continuent ! Les forces de l’ordre continuent de déloger les personnes, la plupart du temps sans solution de relogement.

Les associations humanitaires ont vu diminuer le nombre de leurs bénévoles. A notre entrepôt, de 50 à 60 bénévoles, le nombre est tombé à une dizaine, plus une dizaine qui travaillent de chez eux-elles. Nous avons fermé notre cuisine, opérée par Refugee Community Kitchen, depuis le 25 mars, et nous ne distribuons plus de repas chauds, ni à Calais ni à Grande-Synthe. Le lavage du linge des réfugiés n’a pas véritablement démarré car il s’appuie sur l’accueil de jour du Secours Catholique, qui a lui aussi dû être fermé. Nous continuons à distribuer des tentes avec notre partenaire Collective Aid, des couvertures et du bois pour se chauffer et cuisiner avec Help Refugees.
Ainsi, nous nous concentrons sur nos activités essentielles, dans la limite de nos capacités, et surtout dans le respect de la sécurité de nos bénévoles et de nos bénéficiaires. Nous continuons à alerter les organisations de défense des droits humains sur la situation sur le terrain. 

Dès que la situation sanitaire sera normalisée, nous reprendrons toutes nos activités. Nous avons encore besoin de votre soutien. En particulier, nous devons acheter des tentes, des duvets et des chaussures, ce qui n’est pas simple car beaucoup de fournisseurs sont fermés. Nous remercions vivement toutes les personnes qui ont fait un don ces deux derniers mois, par Hello Asso, Facebook, par virement ou chèque. Nos actions ne dépendent que de vos dons, nous ne recevons pas d’argent public.

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