Le nouveau rapport de l’Auberge des Migrants, publié en collaboration avec nos partenaires du Refugee Info Bus, de la Cabane Juridique et d’Utopia 56, fait état de pratiques abusives et violentes généralisées de la part des forces de l’ordre à l’encontre des exilés de Calais.

Ce rapport, qui s’appuie sur des données récoltées sur le terrain pendant un an (novembre 2017 – novembre 2018) par nos équipes d’Observation des Droits de l’Homme, dénonce ces comportements honteux et illégaux.

Notre enquête lève le voile sur près d’un millier d’atteintes aux droits fondamentaux des exilés, y compris de mineurs non-accompagnés, à Calais depuis un an, commises par des agents des forces de l’ordre. Des 972 situations  recensées, le rapport dénombre :

  • 124 cas de violences physiques ;
  • 153 incidents d’utilisation d’agents lacrymogènes ;
  • 393 opérations d’expulsions des lieux de vie ;
  • 160 arrestations d’exilés ;
  • 389 incidents de comportements policiers abusifs (ex. destruction d’effets personnels).

La plupart des incidents rapportés impliquent la Police Nationale, la Gendarmerie, Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), et la Police Aux Frontières (PAF), qui sont les corps de forces de l’ordres les plus souvent en contact avec la population exilée.

Ce rapport expose un an d’observations et de témoignages de personnes exilées présentes à Calais. Ces personnes nous ont raconté leur quotidien, dont nous pouvions par ailleurs être témoins, mais elles nous ont aussi montré leurs blessures, leurs abris lacérés, leurs yeux rougis et surtout leur colère et déception devant une situation qui n’évolue pas vers le mieux.

Car comment protester, dénoncer une telle violence d’État, quand les exilés peinent déjà à faire entendre leur voix, sont considérés peu crédibles, menteurs, délinquants, font l’objet d’une politique d’effacement, d’invisibilisation qui va jusqu’à questionner leur qualité d’êtres humains ?

À Calais l’usage de la force n’est ni proportionné, ni nécessaire, et le maintien de l’ordre est devenu le prétexte pour justifier toutes les pratiques abusives.

Pour la défense des droits fondamentaux des exilés et la fin de la violence policière en France, contactez le Ministre de l’Intérieur pour faire pression sur le gouvernement afin de conduire une enquête sur ces pratiques. Un modèle de lettre est disponible ici: https://bit.ly/2PgJmtz