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Pendant le confinement, les exilés ont toujours besoin de nous

Nos bénévoles continuent de mener à bien les actions essentielles de l’Auberge des Migrants, en distribuant des vêtements, des couvertures et maintenant des vivres. Le Ramadan a démarré, et nous distribuons dattes et sachets d’aliments pour cuisiner et rompre le jeûne, ainsi que des donations provenant des communautés musulmanes de Calais.

Nous avons besoin de dons en nature : vêtements hommes, couvertures, chaussures. Vous pouvez utiliser le temps du confinement pour contacter des amis, trier et préparer des dons, en vue de les acheminer dès la sortie du confinement. Ils seront triés, stockés à notre entrepôt à Calais, et distribués par nos partenaires, notamment Collective Aide et Women Center. Pour plus de renseignements, voir notre site internet, nous écrire laubergedesmigrants@hotmail.fr, ou nous appeler (François 06 08 49 33 45). Nous cherchons à établir des relations durables partout en France.

Nous distribuons des vivres à Calais et Grande-Synthe depuis une semaine 

Du fait de l’arrêt de la distribution de repas chauds par la Vie Active et par notre partenaire à l’entrepôt, Refugee Community Kitchen, les distributions de vivres à Calais (la Vie Active et Salam) et à Grande-Synthe (Secours Populaire et Emmaüs) se sont avérées insuffisantes. Un groupe de bénévoles, qui s’est intitulé Calais Food Collective, s’est alors constitué pour collecter et distribuer aux exilés de quoi cuisiner : riz, oignons, tomates, lentilles, haricots en boîte…
  • Une douzaine de bénévoles, venus de L’Auberge, RCK, Utopia 56
  • Livraison, stockage et préparation des sachets de vivres à l’entrepôt de L’Auberge
  • Distribution 3 fois par semaine : plus d’un millier de sachets distribués à Calais mercredi 22 avril, autant vendredi 24 avril, avec un fourgon de L’Auberge
  • Les aliments sont achetés (souscriptions, et aide financière de L’Auberge, Utopia, Secours Catholique 62), ou viennent de dons en nature de la Banque Alimentaire 62, d’Emmaüs et des Restos du Cœur (budget 6 000 € par semaine, soit environ 5 € par exilé et par semaine).
Distribution de bois de chauffage
Le groupe Woodyard, qui stocke, prépare et distribue à partir de notre entrepôt, devait s’arrêter fin mai mais nous réfléchissons à prolonger ces distributions cet été afin que les exilés puissent cuisiner les vivres que nous distribuons.
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Covid 19 – Une crise sanitaire vécue dans les conditions déplorables des camps de migrants

Malgré l’épidémie de Covid-19, un nombre restreint de nos bénévoles continue d’agir chaque jour à Calais et Grande-Synthe. Nous mettons tout en oeuvre pour garantir leur sécurité et celle des exilés que nous aidons. Dans un contexte qui isole encore davantage les populations migrantes, nos actions viennent répondre aux besoins essentiels et nous permettent de suivre la situation des droits humains.

L’Auberge des migrants diminue ses activités, mais la solidarité continue
 

A Calais survivent 700 à 800 exilés, au moins. Le sous-préfet a mis en place une chaîne sanitaire, mais travaille encore à mettre en place un plan de mise à l’abri. A partir de mardi 31 mars, des places de confinement devaient être proposées, mais l’opération est retardée… En lien avec Médecins du Monde et la Croix Rouge, la Sécurité Civile propose des diagnostics coronavirus et un hébergement pour les malades ne nécessitant pas d’hospitalisation. Mais il va rester beaucoup de monde sur les camps, et deux malades au moins ont été testés positifs au Covid 19 selon la presse.
A Grande-Synthe, où survivent 500 à 600 exilés, la sous-préfecture met en place aussi une chaîne de soins, mais pas d’hébergement pour le moment.

Les conditions de survie se sont dégradées. A Calais, la Vie Active (opérateur de l’état) ne distribue plus de repas chauds et ne recharge plus les téléphones, qui sont essentiels pour contacter les secours et communiquer avec les associations. A Grande-Synthe, les distributions de nourriture n’ont lieu que tous les deux ou trois jours, et les exilés disent avoir faim.

Les expulsions quotidiennes continuent ! Les forces de l’ordre continuent de déloger les personnes, la plupart du temps sans solution de relogement.

Les associations humanitaires ont vu diminuer le nombre de leurs bénévoles. A notre entrepôt, de 50 à 60 bénévoles, le nombre est tombé à une dizaine, plus une dizaine qui travaillent de chez eux-elles. Nous avons fermé notre cuisine, opérée par Refugee Community Kitchen, depuis le 25 mars, et nous ne distribuons plus de repas chauds, ni à Calais ni à Grande-Synthe. Le lavage du linge des réfugiés n’a pas véritablement démarré car il s’appuie sur l’accueil de jour du Secours Catholique, qui a lui aussi dû être fermé. Nous continuons à distribuer des tentes avec notre partenaire Collective Aid, des couvertures et du bois pour se chauffer et cuisiner avec Help Refugees.
Ainsi, nous nous concentrons sur nos activités essentielles, dans la limite de nos capacités, et surtout dans le respect de la sécurité de nos bénévoles et de nos bénéficiaires. Nous continuons à alerter les organisations de défense des droits humains sur la situation sur le terrain. 

Dès que la situation sanitaire sera normalisée, nous reprendrons toutes nos activités. Nous avons encore besoin de votre soutien. En particulier, nous devons acheter des tentes, des duvets et des chaussures, ce qui n’est pas simple car beaucoup de fournisseurs sont fermés. Nous remercions vivement toutes les personnes qui ont fait un don ces deux derniers mois, par Hello Asso, Facebook, par virement ou chèque. Nos actions ne dépendent que de vos dons, nous ne recevons pas d’argent public.
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Les exilés écrivent à la préfecture du Pas-de-Calais

Les habitants de camps de Calais ont écrit une lettre aux autorités préfectorales afin de participer aux réunions avec la sous-préfecture du Pas-de-Calais. Ces réunions, destinées à assurer le dialogue entre les associations et les autorités à Calais, manquent cruellement de la présence des premiers concernés. En 2016, des réunions entre les représentants des communautés exilées et la préfecture existaient pourtant.

L’objectif des habitants des camps de Calais est donc de parler en leur nom propre afin d’obtenir des meilleures conditions de vie. Ce sont eux les premiers concernés par les politiques migratoires exercées par le gouvernement français ; à ce titre, ils méritent d’être entendus par les autorités françaises.

Vous trouverez ci-joint les lettres en question adressées le 23 juillet 2019:

Lettre Préfet du Pas de Calais

Lettre au Sous-préfet de Calais

Lettre originale en Arabe au Préfet et Sous-préfet

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Nouveau rapport sur les expulsions de terrain

Rapport complet à lire ici.

L’Auberge des Migrants, en partenariat avec Human Rights Observers, Help Refugees, Refugee Info Bus, Refugee Women’s Centre, Utopia 56 et la Cabane juridique, publie aujourd’hui un nouveau rapport sur les expulsions de terrain à Calais et à Grande-Synthe. Ce rapport revient sur les 10 derniers mois pendant lesquels pas moins de 803 expulsions ont eu lieu dans ces deux villes, visant les lieux de vie des exilés de la région. 

À Calais, les expulsions ont lieu plusieurs fois par jour et s’accompagnent d’arrestations et de confiscations. Cet acharnement maintient les lieux de vie des exilés dans une précarité extrême, dans un contexte où les exilés de la ville sont toujours plus marginalisés et invisibilisés. La situation est tout aussi préoccupante à Grande-Synthe, où plusieurs grandes opérations de « mises à l’abri » ont eu lieu en 2018, qui en réalité se sont avérés être des opérations de destruction de lieux de vie et de déplacement forcé de la population exilée. La fréquence des expulsions dans cette ville a également augmenté en 2019, visant des communautés souffrant déjà de carences graves d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins.

Au-delà des chiffres astronomiques que révèle ce rapport, celui-ci met en exergue les conséquences de cette politique sur les exilés eux-mêmes, témoignages à l’appui : arrestations arbitraires, pertes et destructions de biens personnels, épuisement physique et psychologique et dégradation générale des conditions de vie. Cette situation alarmante est ici présentée malgré la volonté des autorités de masquer ces faits en essayant d’empêcher toute observation d’opérations policières, parfois avec menaces et intimidations envers les observateurs sur le terrain. Ainsi, ce document démontre que la politique actuelle de lutte contre les « points de fixations » est un échec aussi bien à Calais qu’à Grande-Synthe, et constitue à terme à un traitement inhumain et dégradant envers les exilés, en violation de leurs droits les plus fondamentaux.

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Calais 2018 : Violences policières généralisées contre les exilés

Le nouveau rapport de l’Auberge des Migrants, publié en collaboration avec nos partenaires du Refugee Info Bus, de la Cabane Juridique et d’Utopia 56, fait état de pratiques abusives et violentes généralisées de la part des forces de l’ordre à l’encontre des exilés de Calais.

Ce rapport, qui s’appuie sur des données récoltées sur le terrain pendant un an (novembre 2017 – novembre 2018) par nos équipes d’Observation des Droits de l’Homme, dénonce ces comportements honteux et illégaux.

Notre enquête lève le voile sur près d’un millier d’atteintes aux droits fondamentaux des exilés, y compris de mineurs non-accompagnés, à Calais depuis un an, commises par des agents des forces de l’ordre. Des 972 situations  recensées, le rapport dénombre :

  • 124 cas de violences physiques ;
  • 153 incidents d’utilisation d’agents lacrymogènes ;
  • 393 opérations d’expulsions des lieux de vie ;
  • 160 arrestations d’exilés ;
  • 389 incidents de comportements policiers abusifs (ex. destruction d’effets personnels).

La plupart des incidents rapportés impliquent la Police Nationale, la Gendarmerie, Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), et la Police Aux Frontières (PAF), qui sont les corps de forces de l’ordres les plus souvent en contact avec la population exilée.

Ce rapport expose un an d’observations et de témoignages de personnes exilées présentes à Calais. Ces personnes nous ont raconté leur quotidien, dont nous pouvions par ailleurs être témoins, mais elles nous ont aussi montré leurs blessures, leurs abris lacérés, leurs yeux rougis et surtout leur colère et déception devant une situation qui n’évolue pas vers le mieux.

Car comment protester, dénoncer une telle violence d’État, quand les exilés peinent déjà à faire entendre leur voix, sont considérés peu crédibles, menteurs, délinquants, font l’objet d’une politique d’effacement, d’invisibilisation qui va jusqu’à questionner leur qualité d’êtres humains ?

À Calais l’usage de la force n’est ni proportionné, ni nécessaire, et le maintien de l’ordre est devenu le prétexte pour justifier toutes les pratiques abusives.

Pour la défense des droits fondamentaux des exilés et la fin de la violence policière en France, contactez le Ministre de l’Intérieur pour faire pression sur le gouvernement afin de conduire une enquête sur ces pratiques. Un modèle de lettre est disponible ici: https://bit.ly/2PgJmtz

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Calais : le harcèlement policier des bénévoles

Notre nouveau rapport dénonce des violences policières excessives et l’intimidation des travailleurs humanitaires à Calais et Dunkerque

Calais, 8 août 2018, les associations Help Refugees, L’Auberge des Migrants, Utopia 56 and Refugee Infobus publient un rapport qui dénonce l’intimidation et le harcèlement des volontaires par la police à Calais et Dunkerque.

Au cours des huit derniers mois, les volontaires associatifs ont ainsi été victimes de 666 incidents de surveillance policière, contrôles d’identité répétés, arrestations et fouilles, ainsi que de violences physiques et verbales. Ils ont aussi été empêchés par la force de fournir une aide humanitaire aux exilés vivant dans le dénuement à la frontière franco-britannique.

Du 1er novembre 2017 au 1er juillet 2018, l’Auberge des Migrants et ses associations partenaires ont collecté des données dans le cadre du projet Human Rights Observers, leur permettant d’établir que :

  • il y a eu 37 incidents de violence physique où des policiers ont poussé des volontaires au sol, arraché des téléphones portables et les ont écartés par la force des lieux de distribution en brandissant des cartouches de gaz et des armes à feu ;
  • les bénévoles ont été victimes de 104 incidents de violences verbales, dont des menaces de détention, de poursuites et de contraventions (plusieurs ayant été concrétisées) ;
  • à certaines occasions, les autorités ont construit des barrières physiques pour empêcher que l’aide humanitaire ne parvienne aux réfugiés ;
  • enfin, la police mène une opération de surveillance constante, suivant les véhicules associatifs, filmant les volontaires et effectuant des contrôles d’identité répétés ainsi que des palpations de sécurité et fouilles – pratique parfois discriminante car ciblant spécifiquement les femmes.

La plupart des incidents rapportés impliquent les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), déployées à Calais pour le maintien de l’ordre.

La systématicité et la persistance du harcèlement des volontaires ainsi révélé interrogent fortement sur le dévoiement de l’utilisation par forces de l’ordre des moyens de coercition mis à leur disposition dans le cadre de leurs missions et sur un possible laisser-aller quant à ces débordements. De tels manquements sont particulièrement choquants des institutions qui devraient maintenir la loi et l’ordre public.

Les pratiques illégales récurrentes des forces de l’ordre envers les volontaires associatifs engagés à Calais ne peuvent qu’inquiéter quant à ce qu’elles laissent imaginer dans le comportement des policiers vis-à-vis des exilés, lesquels vivent dans une clandestinité et donc une exclusion qui les écartent largement de l’accès aux voies légales permettant de dénoncer de tels abus.

C’est conscients de leur chance de pouvoir s’exprimer publiquement et de témoigner des dérives qu’ils constatent et dont ils sont victimes dans leur travail quotidien de soutien aux exilés que les volontaires des associations ont souhaité faire connaître ces problématiques.

Rapport – Calais le harcèlement policier des bénévoles

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Référé-liberté : face au tribunal, la préfecture du Pas de Calais admet ses manquements et annonce de nouveaux dispositifs

Alors que les températures sont à la hausse à Calais en ce mois de juillet, la situation des personnes exilées est alarmante :
– Les points de distribution d’eau proposés par l’état sont très éloignés des lieux de vie.
– L’accès à l’eau et aux douches n’est possible que certaines heures de la journée
– Il est impossible de laver et de sécher le linge
– les exilé.e.s n’ont aucun moyen de stocker l’eau pour y avoir accès 24H/24

La soif, le manque d’hygiène dégradent encore les conditions de vie des exilé.e.s et entraînent des répercussions sur leur santé et leur état psychique.

Nous faisons remonter nos inquiétudes de manière régulières aux autorités, notamment dans le cadre des réunions en sous préfecture de Calais dans des réunions appelées “aide aux migrants” qui sont organisées une fois par mois. Ces réunions présentent toutefois de nombreuses limites : le choix des dates et des ordres du jour, ainsi que la rédaction des comptes rendus, sont effectués à la préfecture, comme la sélection des associations autorisées à y participer. Dans les faits, nous ne sommes pas entendus, et nos remarques lors de ces réunions n’ont pas débouché sur des changements significatifs pour les personnes en situation de transit à Calais.

Nous n’avions alors plus le choix : 11 associations ont invité la préfecture à s’expliquer devant le juge des référés au Tribunal Administratif de Lille.

Le rapporteur spécial de l’ONU Leo Heller est lui aussi intervenu en tierce partie à ce contentieux pour inviter la France à respecter ses obligations en matière de fourniture d’eau.

Les mesures que nous demandons sont très précises :
– Rapprocher les points d’eau des lieux de vie, faire en sorte qu’ils soient accessibles jour et nuit, et distribuer des récipients pour que les personnes sans-abri puissent stocker de l’eau
– Mettre en place un dispositif pour que les personnes sans-abris puissent laver leurs vêtements, et ainsi améliorer les conditions d’hygiène
– Améliorer l’accès aux douches (plages horaires plus longues, accès spécial pour les femmes et les mineurs)
– Rapprocher les sanitaires des lieux de vie, et installer des robinets pour que les personnes exilées puissent se laver les mains
– Mettre en place des bennes à ordure pour que les déchets soient traités
– Informer les exilés sur ces dispositifs avec des documents traduits

Et cela a payé : le jour de l’audience, la préfecture du Pas de Calais a annoncé de très nombreuses évolutions du dispositif :
– 2 fontaines à eau vont être présentes 24h/24 rue des Huttes
– Un 3ème lieu de ramassage va être mis en place pour les douches
– Une 3ème citerne mobile est installé depuis le 23 juillet (veille de l’audience)
– “plusieurs centaines de jerricans” vont être commandés pour être distribués aux exilé.e.s
– Des bassines peuvent être commandées pour que les exilé.e.s lavent leur vêtements

La décision sera rendue en début de semaine prochaine.

Pour les associations, c’est une victoire : l’accès à l’eau et aux systèmes d’hygiène va être amélioré.
Nous allons rester très vigilantes sur la mise en place de ces différentes annonces dans les semaines à venir.

Et malgré cela, la situation reste très difficile : les expulsions forcées continuent, la violence et le harcèlement restent la pierre angulaire de la politique de l’Etat à Calais et sur le littoral.

Ce mercredi 25, le matin, une nouvelle opération d’expulsion forcée s’est déroulée sur le camp de la rue des Verrotières, où les exilé.e.s se sont fait confisquer tentes, couvertures et affaires personnelles. Même chose hier matin au bois Chico-Mendès.

Faudra-t-il systématiquement retourner devant le Tribunal Administratif pour réclamer que soient respectés les droits fondamentaux des personnes migrantes?

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10 associations saisissent une nouvelle fois le juge en défense des droits fondamentaux des exilé.e.s présents à Calais

Calais, le 20.07.2018,

Depuis l’expulsion du bidonville de Calais en octobre 2016, plusieurs centaines de personnes exilées sont présentes sur la commune de Calais et aux alentours.

Ces hommes, femmes et enfants, bloqué.e.s à la frontière franco-britannique, subissent quotidiennement des opérations de destruction de leur lieu de vie qui ont pour but de lutter contre ce que les autorités appellent des « points de fixation ».

Pourtant, malgré tout, ces personnes sont là, comme depuis le milieu des années 90. Elles sont là, à la frontière, qui, seule, est ce fameux point de fixation.

Les conditions de vie de ces personnes que les autorités ne veulent pas voir, sont de plus en plus dégradées. Leurs besoins fondamentaux ne sont pas couverts.

Face à cette situation, des associations et des citoyen.ne.s, apportent un soutien quotidien aux personnes exilées. Elles fournissent des vêtements, des tentes, des sacs de couchage, des bâches, tout ce qui peut permettre de passer la nuit à l’abri du vent, de la pluie, du froid ou de la chaleur. Elles fournissent de la nourriture, en complément des distributions étatiques mises en place en mars 2018. Elles fournissent des soins primaires et orientent les personnes vers les dispositifs de soin existants. Elles fournissent de l’information sur les droits en France. Elles fournissent de l’eau et des moyens d’accéder à un minimum d’hygiène.

Elles fournissent de l’eau, alors que le Tribunal administratif de Lille puis le Conseil d’État avaient, respectivement les 26 juin et 31 juillet 2017, enjoint à l’autorité préfectorale et à la commune de Calais de créer plusieurs points d’eau accessibles permettant aux exilés sans abris de boire, de se laver et de laver leurs vêtements, et d’installer des latrines.

Si des points d’eau, des latrines et un dispositif de douches ont été tardivement installés, ils sont loin d’être suffisants et les modalités d’accès à ces dispositifs en réduisent l’effectivité.
Depuis des mois, les associations ne cessent d’indiquer, lors de rencontres avec le Préfet du Pas-de-Calais et le Sous-préfet de Calais, l’impérieuse nécessité d’augmenter les capacité de ce dispositif en augmentant le nombre de points d’eau et les horaires d’ouverture, et en facilitant les modalités d’accès aux dispositifs de douche par exemple. Malgré quelques modifications à la marge, l’ensemble du dispositif reste sous-dimensionné, et incapable de répondre à l’urgence.
Ce sont donc une nouvelle fois, les associations, bénévoles et militants, qui tentent de pallier les carences de l’État.

Elles apportent de l’eau, énormément d’eau. Elle fournissent des bidons ou des bouteilles pour que les personnes éloignées de plusieurs centaines de mètres et pour certaines près de deux kilomètres des points d’eau, puissent stocker de l’eau. Elles lavent des vêtements…

Malgré cela, elles constatent que la situation, depuis plusieurs mois, est critique. L’absence de prise en compte des besoins fondamentaux des personnes a des conséquences graves : la soif, le manque d’hygiène notamment, en plus de l’insécurité matérielle dans laquelle elles se trouvent, ont des répercussions sur la santé des personnes exilées.

Face à l’urgence, 10 associations ont donc pris la décision de saisir le juge des référés du Tribunal Administratif de Lille afin qu’il enjoigne à l’administration de prendre diverses mesures en vue d’assurer l’accès effectif des personnes sans-abris présentes à Calais à des points d’eau, des douches et différents équipements sanitaires.

Parallèlement à cette action urgente, les associations ont également interpellé le Préfet du Pas-de-Calais, en lui rappelant ce qu’elles ne cessent de dire depuis des années : il est indispensable de permettre à toutes les personnes présentes à Calais d’accéder à leur droit fondamentaux. Pour cela, elles demandent la fin immédiate des expulsions et la mise en place rapide de dispositifs d’hébergement à Calais et à proximité. Ces lieux doivent être des espaces de répit, où les personnes accèdent à l’ensemble des droits fondamentaux et à de l’information complète et impartiale. Des lieux de prise en charge effective pour les mineurs non accompagnés doivent également être mis en place.

Nous continuerons à utiliser les moyens en notre possession pour qu’enfin les droits fondamentaux des personnes exilées soient respectés.

Les associations requérantes dans le cadre du référé-liberté :
Care4Calais
Gynécologie sans frontières
Help Refugees
L’Auberge des migrants
La Cabane juridique / Legal Shelter
La Cimade
Refugee Women’s Center
Salam Nord/Pas-de-Calais
Secours catholique Caritas France
Utopia 56

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